Articles de 8r-b

  • L'inventeur de Tardajos

           Et si les frères Lumière s'étaient inspirés du cinématographe d'un Espagnol, M. Díez? Faute de preuves, personne ne peut l'affirmer avec certitude, mais il y a quelques indices intéressants.

           Qui était donc Mariano Díez Tobar? Né en 1868 dans un petit village près de Burgos, Tardajos, il est entré dans les ordres à 18 ans puis a longtemps exercé comme professeur de sciences. Autodidacte, son insatiable curiosité ainsi que ses amples connaissances en mathématiques et en physique l'ont amené à concevoir plusieurs engins novateurs tels qu'une horloge commandée par la voix et… un cinématographe! Eh oui, en 1892, donc trois ans avant les Lumière, il a fabriqué un appareil capable de projeter des photographies et de recréer l'illusion du mouvement.

         Cet inventeur méconnu n'a pas rencontré les frères Lumière en personne, mais l'un de leur représentant, M. Flamereau, lors de son passage à Bilbao. Malheureusement, on ignore si M. Díez lui a cédé ou vendu son invention. En fait, peu de ses documents personnels nous sont parvenus en raison de leur destruction à sa mort, en 1926. Le fait est que sa passion pour les sciences et sa pédagogie dérangeaient certains milieux religieux et politiques de l'époque.

    (8rB remercie Fran)


  • Court mais intense

        Chers fidèles,

        Apparemment, le temps passe très lentement dans cette cathédrale. Il s’arrête presque. Depuis des siècles, rien n’a changé ici. Mais ce n’est pas tout à fait vrai : « Le temps passe, et il fait tourner la roue de la vie comme l’eau celle des moulins », écrivait Marcel Pagnol. 

        De mon emplacement, on entend le murmure des visiteurs. Comme j'ai l'ouïe très fine, j'écoute toutes les conversations des gens. Je peux vous dire que la plupart sont d'une banalité à pleurer. Les indifférents et les fâcheux ne m'intéressent pas, cela va de soi. Il y a un frémissement qui habituellement m’endort.

        Mais certains spécimens humains me semblent dignes d'intérêt. Par leur attitude et leurs paroles, ces simples mortels sortent du lot en exprimant l'admiration, la ferveur, l'humilité, la sérénité que suscite notre majestueuse cathédrale. Par ailleurs, ce lieu extraordinaire inspire également des pensées profondes.

        L'autre jour, notamment, un homme expliquait à son ami la différence entre le nécessaire et le contingent. C’est-à-dire, entre ce qui nous échappe, ce qui ne peut pas être autrement, et ce qui aurait pu ne pas exister, ce qui dépend de nous pour se produire ou pour continuer à exister.

        Voyez-vous, je ne détiens pas la recette du bonheur, trop compliquée en raison du grand nombre d'ingrédients qui participent à sa préparation (la liberté, la volonté, le hasard,…), cependant je considère que la prise de conscience de ces deux concepts opposés et leur application au quotidien rendent la perception de l'existence plus légère.

        Dans l’ancienne mythologie grecque, le dieu Chronos était la personnification du temps, et guidait sagement l'ordre de l'univers tout entier. Écoutez quelqu'un comme moi, son humble disciple, qui s’occupe modestement avec sa cloche de rappeler aux gens le temps qui passe et qui peut réfléchir entre chaque coup pour sortir de l’ennui.

        De fait, je suis convaincu que c'est la conception du temps par les humains qui les martyrise. Je les vois bien s'agiter comme de minuscules fourmis écrasées sous le poids de leurs responsabilités. Que d'affolement pour pas grand-chose! Que d'énergie gaspillée!

        De l'eau a coulé sous les ponts depuis que j'ai été hissé près des voûtes de la cathédrale. J’ai bien écouté son clapotement faire tourner la roue des moulins et s'écraser contre les piliers en pierre des ponts.

        Que de fois ai-je entendu dire "Je n'ai pas vu le temps passer"... Croyez-moi, le temps ne passe ni vite, ni lentement. Il s'écoule, seconde après seconde, inexorablement. Le temps est nécessaire, notre manière de l'occuper, contingente.

        Ce n'est pas un message original, je sais, le même conseil a été répété tout au long de l'histoire de la pensée, de l'art et de la littérature. À vous de faire vos choix et de les assumer pleinement. Acceptez mes conseils. J'ai déjà donné de nombreuses preuves d'avoir la tête sur mes épaules. Ne vous laissez pas emporter inconsciemment par le courant de l'eau. Évitez la procrastination. Ne laissez pas votre perception du temps gâcher votre présent. Si bref.

        « Passe, passe le temps, il n’y en a plus pour très longtemps » chantait Georges Moustaki.

        Carpe diem. N'est-ce pas?

    (8rB remercie JJA)


  • Solution "Noxolo"

    Avant de lire ce billet, lis le questionnaire dans la rubrique "La puce à l'OREILLE".

    Voici les réponses au petit questionnaire sur la chanson Noxolo (2014) de Jeanne Cherhal :

    1. Où se passent les faits racontés dans cette chanson?

    En Afrique du Sud, un peu à l'est de Johannesburg.

    1. Quelles sont les caractéristiques de Noxolo?

    C'est une femme noire qui porte un pantalon d'homme. Elle n'a peur de rien, dort profondément, aime une femme et vit sûrement dans un bidonville (sous un toit de rôle).

    1. Qu'est-ce qu'elle aime faire?

    Elle aime couvrir ses pieds de poussière, cracher dans l'eau, boire de la bière.

    1. Comment se termine la chanson?

    Par la mort de Noxolo. Elle a été tuée par des hommes armés de tessons de verre, au bord de la route.


  • Envie de lire?


     Légende:

    CC = Casa de la Cultura

    MC = Miguel de Cervantes

    B. = mon fonds personnel

    EOI = Escuela Oficial de Idiomas

    N.B. Les derniers titres ajoutés sont en caractère gras.

    Envie de sourire et de rire…

    • Ailleurs si j'y suis d'Antoine Laurain (B.)
    • Art et décès de Sophie Hénaff (B.)
    • Complètement cramé! de Gilles Legardinier (B.)
    • Demain j'arrête! de Gilles Legardinier (B.)
    • Jules de Didier Van Cauwelaert (B.)
    • La grammaire est une chanson douce d'Érik Orsenna (CC +EOI)
    • Le bonheur de Philippe Delerm (CC)
    • Le magasin des suicides de Jean Teulé (B.)
    • Les mafieuses de Pascale Dietrich (B.)
    • Les petits enfants du siècle de Christiane Rochefort (EOI)
    • Les récrés du petit Nicolas de Sempé et Goscinny (CC + EOI)
    • Les vacances du petit Nicolas de Sempé et Goscinny (CC + EOI)
    • L'extraordinaire voyage du fakir qui était resté coincé dans une armoire Ikea de Romain Puértolas (EOI + B.)
    • Merci, grazie, thank you de Julien Sandrel (B.)
    • Poulets grillés de Sophie Hénaff (EOI + B.)
    • Rester groupés de Sophie Hénaff (EOI)
    • Salut à toi ô mon frère de Marin Ledun (B.)
    • Sept histoires qui reviennent de loin de Jean-Christophe Rufin (B.)
    • Stupeur et tremblements  d'Amélie Nothomb (EOI + B.)
    • Un homme, ça ne pleure pas de Faïza Guène (B.)

     

    Envie de frissons et de suspense…

    • Au revoir là-haut de Pierre Lemaître (CC)
    • Deux gouttes d'eau de Jacques Expert (B.)
    • Entre sauvages de Colin Niel (EOI)
    • Hortense de Jacques Expert (B.)
    • La maison assassinée de Pierre Magnan (CC)
    • La mort des bois de Brigitte Aubert (B.)
    • La nuit des temps de Barjavel (CC)
    • L'assassin à la pomme verte de Christophe Carlier (B.)
    • Le concile de pierre de Jean-Christophe Grangé (CC)
    • Le dernier Lapon d'Olivier Truc (B.)
    • L'énigme des Blancs-Manteaux de Jean-François Parot (B.)
    • Le miroir des ombres de Brigitte Aubert (CC)
    • Le sang des Atrides de Pierre Magnan (B.)
    • Les sarments d'Hippocrate de Sylvie M. Jema (B.)
    • L'homme aux cercles bleus de Fred Vargas (MC)
    • L'homme à l'envers de Fred Vargas (B.)
    • L'hygiène de l'assassin d'Amélie Nothomb (MC + EOI)
    • Maldonne de Boileau-Narcejac (B.)
    • Maléfices de Boileau-Narcejac (CC)
    • Monsieur, vous oubliez votre cadavre de Pascal Laîné (EOI)
    • Pars vite et reviens tard de Fred Vargas (EOI)
    • Ravage de Barjavel (B.)
    • Regarde d'Hervé Commère (B.)
    • Robe de marié de Pierre Lemaître (B.)
    • Sauf d'Hervé Commère (EOI)
    • Seules les bêtes de Colin Niel (EOI)
    • Sous le vent de Neptune  de Fred Vargas (MC)
    • Sueurs froides de Boileau-Narcejac (B.)
    • Tabous de Danielle Thiéry (B.)
    • Trois jours et une vie de Pierre Lemaître (B.)
    • Un peu plus loin sur la droite de Fred Vargas (B.)
    • Yeruldelgger de Ian Manook (B.)

     

    Envie d'évasion…

    • Histoire du lion Personne de Stéphane Audeguy (B.)
    • Kukum de Michel Jean (B.)
    • Le grand Cœur  de Jean-Christophe Rufin (B.)
    • Le hussard sur le toit de Jean Giono (B.)
    • Les naufragés de l'île Tromelin d'Irène Frain (B.)
    • Looping d'Alexia Stresi (B.)
    • Marianne de Juliette Benzoni (CC)
    • Vendredi ou les limbes du Pacifique  de Michel Tournier (MC)

     

    Envie de psychologie…

    • Carrefour des nostalgies d'Antoine Laurain (B.)
    • Eugénie Grandet d'Honoré de Balzac (EOI)
    • Faire mouche de Vincent Almendros (B.)
    • La femme qui fuit d'Anaïs Barbeau-Lavalette (B.)
    • La symphonie pastorale d'André Gide (EOI)
    • La vagabonde de Colette (EOI)
    • La valse des arbres et du ciel de Jean-Michel Guenassia (B.)
    • Le bal des folles de Victoria Mas (B.)
    • Le chapeau de Mitterrand d'Antoine Laurain (B.)
    • Le collier rouge de Jean-Christophe Rufin (B.)
    • L'empereur c'est moi d'Hugo Horiot (B.)
    • Le journal d'une femme de chambre  d'Octave Mirbeau (B.)
    • Le liseur du 6h27 de Jean-Paul Didierlaurent (B.)
    • L'étranger d'Albert Camus (CC)
    • L'homme rompu de Tahar Ben Jelloun (B.)
    • Le rapport de Brodeck de Philippe Claudel (B.)
    • Les heures silencieuses de Gaëlle Josse (B.)
    • Mister T et moi d'Élisa Rojas (EOI)
    • Nagasaki d'Éric Faye (CC + B.)
    • Nos gloires secrètes de Tonino Benacquista (B.)
    • Police d'Hugo Boris (B.)
    • Premier sang d'Amélie Nothomb (EOI)
    • Quelqu'un d'autre de Tonino Benacquista (B.)
    • Thérèse Desqueyroux de François Mauriac (EOI)
    • Thérèse Raquin d'Émile Zola (B.)
    • Tout à l'ego de Tonino Benacquista (EOI)
    • Un été de Vincent Almendros (B.)
    • Une si longue lettre de Mariama Bâ (B. + EOI)

     

    Envie d'émotions…

    • Deux femmes et un jardin d'Anne Guglielmetti (B.)
    • Ensemble, c'est tout d'Anna Gavalda (B.)
    • Entre ciel et Lou de Lorraine Fouchet (EOI)
    • Histoire d'Alice qui ne pensait jamais à rien (et de tous ses maris, plus un) de Francis Dannemark (B.)
    • La bulle de Tiepolo de Philippe Delerm (CC)
    • La consolante d'Anna Gavalda (EOI)
    • La joueuse de go de Shan Sa (EOI)
    • La petite fille de Monsieur Linh de Philippe Claudel (CC + EOI)
    • L'Archipel du Chien de Philippe Claudel (B.)
    • La tresse de Laetitia Colombani (EOI + B.)
    • L'élégance du hérisson de Muriel Barbery (CC + MC)
    • L'enfant de Jules Vallès (EOI)
    • L'enfant de sable de Tahar Ben Jelloun (B.)
    • Le Petit Prince d'Antoine de Saint-Exupéry (EOI)
    • Le reste de leur vie de Jean-Paul Didierlaurent (B.)
    • Les échelles du Levant d'Amin Maalouf (B.)
    • Le soleil des Scorta de Laurent Gaudé (B.)
    • Les victorieuses de Laetitia Colombani (B.)
    • No et moi de Delphine de Vigan (CC + EOI)
    • Patricia de Geneviève Damas (B.)

     

    Envie de biographie…

    • La vie, la mort, la vie d'Erik Orsenna (B.)
    • Molière chef de troupe de Francis Perrin (B.)
    • Une femme honorable de Françoise Giroud (B.)
    • Une vie de Simone Veil (B.)

     

    Envie de romance…

    • Et si c'était vrai de Marc Levy (EOI)
    • La bicyclette bleue de Régine Deforges (EOI)
    • La femme au carnet rouge d'Antoine Laurain (B.)
    • La part des flammes de Gaëlle Nohant (B.)
    • Le garde du cœur de Françoise Sagan (EOI)
    • Le petit sauvage d'Alexandre Jardin (CC + EOI)
    • Les yeux couleur de pluie  de Sophie Tal Men (EOI)
    • L'île des gauchers d'Alexandre Jardin (B. + EOI)
    • Oublier Marquise d'Emmanuelle de Boysson (B.)
    • Pas son genre de Philippe Vilain (B.)

  • Nul pain sans peine

     

    En exclusivité pour 8rB, voici l'interview d'un jeune boulanger de Burgos qui déborde d'énergie et de sympathie. C'est un plaisir de le regarder pétrir la pâte à pain. Les enfants qui accompagnent leurs parents se collent à la vitre pour observer, les yeux écarquillés, Santi et Amanda.

    - Bonjour Santi, on aimerait savoir si devenir boulanger est une vocation chez vous.

    - Oui, à fond!

    - Mais quel a été le déclic?

    - En fait, c'est Amanda, ma compagne, qui m'a donné le goût de la boulange. Elle vient d'une famille de boulangers alors elle a le métier dans le sang. Moi, j'ai d'abord fait des études de cuisine chez Arguiñano.

    - La boulangerie est-elle un secteur porteur?

    - En tout cas, il y a une forte demande de gens qualifiés.

    - Amanda et vous, vous êtes tous les deux salariés chez Macadamia?

    - Non, nous sommes à notre compte en tant qu'associés.

    - Qu'est-ce qui a guidé le choix de l'emplacement de votre fonds de commerce?

    - On habite dans ce quartier, voilà tout.

    - Et le fait que ce soit une rue piétonne s'avère un avantage?

    - Oui, c'est une rue en plein essor. C'est une rue passante plutôt sympa, non?

    - Santi, dites-nous quels sont les points forts et les points faibles de votre profession.

    - Moi, je trouve que c'est un métier merveilleux! On a des clients charmants. C'est un boulot très gratifiant. On adore pouvoir fabriquer un produit qu'on aime consommer nous-mêmes et offrir à nos enfants.

    - Mais les horaires ne sont pas top… Il faut se lever super tôt!

    - Non, ça va, ce n'est pas trop dur. La fermentation longue de 24h nous facilite la tâche. Et nos machines modernes aussi. En plus, comme j'ai toujours bossé dans la restauration alors je suis habité à ces horaires.

    - Depuis le 1er juillet, il y a une nouvelle réglementation concernant la fabrication du pain en Espagne. Est-elle bénéfique pour la profession?

    - Je pense que oui. Mais pas seulement pour les boulangers, pour les consommateurs aussi! Ils sont mieux informés. Il faut continuer sur cette voie car ça favorise la boulangerie artisanale.

    - Une dernière question : en France, depuis 1998, la loi autorise uniquement les artisans qui élaborent leur pain de A à Z à appeler leur commerce "boulangerie", qu'en pensez-vous?

    - Je trouve ça très bien! En Espagne, sur la devanture de certains points de vente, la belle image du boulanger devant son vieux four à pain n'est là que pour la déco, à l'intérieur on fait juste cuire du pain surgelé. Il faut différencier clairement la boulangerie artisanale de celle industrielle. Les gens regardent de près le prix du pain, mais il y en a qui voient bien la différence de qualité. Grâce à notre choix des ingrédients, du levain, de la méthode de fermentation, de pétrissage et de cuisson, on obtient un produit final d'une grande qualité. Son goût, sa texture et sa conservation sont excellents.

    - Merci infiniment, Santi et Amanda! À très bientôt!

    En résumé, la boulangerie artisanale, plus qu'un gagne-pain, c'est une vocation. Le succès de Macadamia illustre à merveille l'expression "ça se vend comme des petits pains"! Mais ils ont du pain sur la planche! ;D


  • Agadir

      Voici l'enregistrement de ce récit afin de l'écouter avant de le lire.

    Agadiragadir.mp3 (3.4 Mo)

    Agadir

               Ton lieu de naissance : Nantes. Ton nom de famille : marocain. Les aléas de la vie, tu connais. Ton patronyme aurait pu être mauritanien comme celui de ta mère ou bien français comme celui de l'homme dont elle est tombée amoureuse à 17 ans. 

              Tu n'as pas connu le déracinement, tes parents non plus. Tes grands-parents paternels ont débarqué à Marseille avec leur progéniture quelques mois après avoir tout perdu dans le tremblement de terre de 1960 qui a détruit la kasbah d'Agadir. Ton père est né à Rodez trois ans plus tard. Ta mère a vu le jour en Mauritanie, mais ses parents ont émigré en France quand elle était encore bébé. Même si elle n'a jamais remis les pieds sur la terre de ses ancêtres, elle t'a transmis les recettes familiales, telles que le "banafé", un ragoût aux oignons marinés. Tantôt elle opte pour le couscous mauritanien, tantôt pour celui marocain. Mais le plus souvent, elle concocte des plats d'inspirations très diverses. De toute façon, la cuisine, ce n'est pas ton truc. Mais si tu ne dois en citer qu'un, ton plat préféré est le ceviche d'espadon.

              C'est ta grand-mère paternelle, toujours fourrée dans ses bouquins, qui t'a appris que le nom  du "Maroc" vient de "Marrakech", la capitale des Almoravides fondée au XIème siècle. Or, l'un de tes cousins, jamais sorti de son trou, soutient qu'il découle de l'arabe "al-Maghrib", qui signifie "pays du couchant". Tu ne sais pas qui a raison donc, pour la paix dans la famille, tu as décidé que c'était un mélange des deux origines. Tu n'es pas linguiste alors tu ne vas pas te prendre la tête.

              Parfois, tu as le cul entre deux chaises. Mais c'est uniquement à cause du regard des autres. Quand tu passes tes vacances à Agadir, rien qu'en ouvrant la bouche, tout le monde sait que tu vis en France. Et pourtant, tu t'appliques à bien parler. Dans les rues nantaises, depuis ton adolescence, tu ne comptes plus le nombre de fois où les flics ont contrôlé tes papiers. À ta copine Magali, avec ses taches de rousseur et sa peau blanche, ça ne lui est jamais arrivé. Comme par hasard. Tu as compris que tu ne devais plus sortir sans ta carte d'identité, voilà tout. Ce n'est pas la mer à boire. Que les autres te collent l'étiquette d'étranger, où que tu ailles, ça t'est égal. Toi, tu te sens bien dans tes baskets, que ce soit sur une plage marocaine ou sur les bords de la Loire.

              Le soir, au creux de ton lit, tu te balades dans le souk El Had. Ou au milieu des gratte-ciel de Kyoto. Le nom d'Agadir te fait rêver, mais tu ne voudrais pas y vivre. Parfois les racines sont des entraves. Ton copain Étienne t'a tellement parlé de son voyage au Japon que c'est là que tu aimerais mettre les voiles…

    (8rB remercie Ali)


  • Solution "Évidemment"

    Avant de lire ce billet, lis le questionnaire dans la rubrique "La puce à l'OREILLE".

    Voici les réponses aux questions sur la chanson Évidemment (2019) de Trois cafés gourmands :

    1. Perturbant : bouleversant
    2. Gênant : embarrassant
    3. Très fatigant : éreintant
    4. Ennuyeux : chiant (familier)
    5. Émouvant : touchant      
    6. Enivrant : grisant
    7. Qui aime faire la fête : fêtard
    8. Très pâle : blême
    9. Obstacle : une entrave
    10. Refuser les compromis : ne rien lâcher

  • Non, c'est non

    Punchlinettes

    L'humour est vital pour s'éclater, se détendre, être sur la même longueur d'onde, ou prendre du recul. Sans oublier qu'il est une arme verbale intéressante et parfois efficace. En voici la preuve dans un article du site www.positivr.fr qui vaut le détour. Dommage qu'il y ait des fautes de français dans certains messages, mais bon, on ne va pas se mettre la rate au court-bouillon pour une coquille (si c'en est une!).

    Clique sur le lien :

    https://positivr.fr/punclinettes-instagram-anti-sexisme/

    Angèle ne manque pas d'humour non plus. Pas besoin de présenter cette jeune chanteuse belge qui fait un tabac, n'est-ce pas? Le titre "Balance ton quoi" (2019) rappelle le hashtag "balance ton porc", mais on peut aussi le comprendre autrement vu que le verbe balancer est polysémique. En effet, en français familier, il signifie dénoncer ou jeter, dans le registre standard, bercer, ballotter. Et quand Angèle dit "Va te faire en…", on peut compléter avec le verbe vulgaire enculer, mais aussi d'autres verbes comme enfermer, empaler, entraver, amputer… Comme quoi, les interprétations ne manquent pas!

    Regarde le clip :

    Qu'on aime ou non les allusions et les jeux de mots de cette chanson, elle insiste sur un message primordial : non, c'est non. Simple comme bonjour? Les chiffres prouvent le contraire. Tous les violeurs et les féminicides ne le comprennent pas, malheureusement.

    Une autre chanson en parle d'une manière subtile et claire à la fois, "Quand c'est non, c'est non" (2014) de Jeanne Cherhal. Écoute-la :

    Grâce aux mesures légales et judiciaires prises, l'Espagne fait figure de modèle à suivre dans le cadre de la lutte contre les violences faites aux femmes. Ces derniers jours, on en parle beaucoup dans les médias français :

    https://www.arte.tv/fr/videos/091917-000-A/l-espagne-pionniere-dans-la-lutte-contre-les-feminicides/

    https://www.lexpress.fr/actualite/societe/lutte-contre-les-feminicides-l-espagne-un-modele-a-suivre_2096212.html

    Depuis le début de l'année, 101 femmes ont trouvé la mort en France, tandis que l'Espagne en compte 40 à ce jour. La différence est énorme. Il est vrai que ces chiffres sont à prendre avec des pincettes puisqu'il faut tenir compte du nombre d'habitants, de la législation et des méthodes de calcul… Mais c'est toujours trop.

    Pour en savoir plus sur la situation en Europe, voici un article de Bfmtv :

    https://www.bfmtv.com/societe/la-france-est-elle-un-des-pays-les-plus-touches-par-les-feminicides-en-europe-1759782.html


  • Comme un ours

    Avant de lire ce billet, lis le questionnaire dans la rubrique "La puce à l'OREILLE".

    Voici les réponses aux questions sur la chanson Comme un ours (2018) d'Alexis HK :

    1. Avec quoi compare-t-on ces solitaires? Avec un ours bipolaire et un ermite en colère.
    2. Qu'est-ce que le solitaire traite comme des enfants? Ses glaïeuls, "qu'il engueule comme si c'étaient ses enfants".
    3. Avec qui dîne-t-il? Avec son pote imaginaire.
    4. Où se perd son regard? Entre l'eau et le feu.
    5. Quel verbe signifie "entrer en conflit"? Clasher (registre familier).

  • Sucrer les fraises

    Avant de lire ce billet, lis le questionnaire dans la rubrique "La puce à l'OREILLE".

    Voici les réponses aux questions sur la chanson Sucrer les fraises (2012) de La Grande Sophie :

    1. Quels sont les 7 termes (ou locution) qui ont un rapport avec le temps? Le moment, l'heure, le jour, l'horloger, le compte à rebours, le sablier, le minuteur
    2. Quelle locution signifie compter les pulsations de la pression sanguine? Prendre mon pouls
    3. Quelle expression signifie être gâteux? Sucrer les fraises
    4. Quelle expression désigne des larmes abondantes? Les pleurs d'une Madeleine
    5. Quelle expression signifie "lorsque je ne supporterai rien de plus"? Quand la coupe sera pleine
    6. Quel terme familier désigne la malchance? La déveine, synonyme de la poisse

  • Les faux amis (3)

    Avant de lire ce billet, fais le QUIZ sur le même thème. Ici, tu trouveras simplement des explications complémentaires.

    Les faux amis (3)

    Pour chaque question : Ont-ils le même sens?

    1/ "Clan" dans les deux langues?

    Oui.

    2/ "Le choléra" et "el cólera"?

    Oui.

    3/ "Le pavot" et "el pavo"?

    Non. En français, c'est une plante dont une variété correspond au coquelicot, tandis que le mot espagnol désigne une volaille, le dindon. À noter que, dans la pratique, on désigne la viande par le féminin, la dinde.

    4/ "Tata" dans les deux langues?

    Non. En français, c'est un terme familier et affectueux pour désigner la tante; en espagnol, c'est la sœur.

    5/ "Le limon" et "el limón"?

    Non. Le terme français est polysémique : la terre entraînée par les eaux et déposée sur le lit ainsi que sur les rives d'un fleuve; une roche mixte argilo-siliceuse, plus dense que la vase. Le terme espagnol désigne le citron.

    6/ "Base" dans les deux langues?

    Oui.

    7/ "Vaciller" et "vacilar"?

    Non. En français, cela signifie tituber, trembler, tandis qu'en espagnol cela veut dire taquiner.

    8/ "La cane" et "la cana"?

    Non. En français, c'est la femelle du canard, tandis que le terme espagnol désigne un cheveu blanc.

    9/ "Tergiverser" et "tergiversar"?

    Non. Le verbe français signifie hésiter, atermoyer, retarder le moment de la décision, tandis que le verbe espagnol signifie fausser, déformer des propos.

    10/ "Franco" dans les deux langues?

    Non. En français, cela peut être un terme familier équivalent de "franchement" (Vas-y franco!), et cela peut indiquer aussi un envoi dans frais de transport pour le destinataire, tandis qu'en espagnol il s'agit d'un adjectif, "franc".


  • Citations littéraires

    Citations littéraires

    Avant de lire ce billet, fais le QUIZ éponyme. Voici quelques détails sur la source de chaque citation :

    Quel est l'auteur de chaque citation?

    1/ "Va, je ne te hais point."

    Le Cid (1637; Chimène à Rodrigue, III, 4) de Pierre Corneille

    Intrus : Jean Racine, Cyrano de Bergerac

    2/ "On a souvent besoin d'un plus petit que soi."

    Fables (1668, Le Lion et le Rat) de Jean de la Fontaine

    Intrus: René Descartes, Mme de Sévigné

    3/ "L'architecture est le grand livre de l'humanité, l'expression principale de l'homme à divers états de développement, soit force soit comme intelligence."

    Notre-Dame de Paris (1831) de Victor Hugo

    Intrus : Émile Zola, Honoré de Balzac

    4/ "Tous pour un, un pour tous."

    Les trois mousquetaires (1844, chapitre IX) d'Alexandre Dumas

    Intrus : Stendhal, Guy de Maupassant

    5/ "Longtemps, je me suis couché de bonne heure."

    Du côté de chez Swann (1913) de Marcel Proust

    Intrus : Le Clézio, André Gide

    6/ "S'il te plaît, dessine-moi un mouton."

    Le Petit Prince (1943) d'Antoine de Saint-Exupéry

    Intrus : Jean Cocteau, Marguerite Duras

    7/ "L'enfer, c'est les autres."

    Huis clos (1944), pièce de Jean-Paul Sartre

    Intrus : Albert Camus, Eugène Ionesco

    8/ "Je dis tu à tous ceux que j'aime"

    Barbara (1945) de Jacques Prévert

    Intrus : Paul Valéry, Colette

    9/ "Sur mes cahiers d’écolier
    Sur mon pupitre et les arbres
    Sur le sable sur la neige
    J’écris ton nom"

    Liberté (1945), poème de Paul Éluard

    Intrus : Apollinaire, Boris Vian

    10/ Par manque de place dans le quiz, on a dû couper la citation. La voici dans sa version complète :

    "Récapitulons, petite je voulais devenir Dieu. Très vite, je compris que c’était trop demander et je mis un peu d’eau bénite dans mon vin de messe : je serais Jésus. J’eus rapidement conscience de mon excès d’ambition et acceptai de "faire" martyre quand je serais grande. Adulte, je me résolus à être moins mégalomane et à travailler comme interprète dans une société japonaise. Hélas, c’était trop bien pour moi et je dus descendre un échelon pour devenir comptable. Mais il n’y avait pas de frein à ma foudroyante chute sociale. Je fus mutée au poste de rien du tout. Malheureusement – j’aurais dû m'en douter – rien du tout, c’était encore trop bien pour moi. Et ce fut alors que je reçus mon affectation ultime : nettoyeuse de chiottes."

    Stupeur de tremblements (2001) d'Amélie Nothomb

    Intrus : Fred Vargas, Muriel Barbery


  • Quel mariage grandiose!

           Chers amis,

         Bon! Je l’avoue. J'adore les célébrations de mariage. Absolument tout le monde paraît respirer le bonheur. Chaque année, je vois des centaines de couples d’amoureux passer sous mon regard, pleins de satisfaction, d’enthousiasme et surtout pleins d’amour mutuel, avançant lentement et cérémonieusement vers l’autel, tous souriants, radieux et remplis d'espoir pour l'avenir. Ils sont toujours accompagnés des personnes les plus chères qui contribuent à cet éloge du bonheur partagé. Ces milliers d'invités défilent sous mes pieds, portant fièrement leurs plus beaux vêtements et bijoux. C'est un spectacle magnifique. Tout le public tombe sous le charme ensorcelant de cette attirante cérémonie.

         Mais le plus éclatant des mariages célébrés dans cette cathédrale a été celui qui a uni le prince Jean d’Aragon, fils des Rois Catholiques, et donc héritier de leurs respectives couronnes, avec la jeune princesse Marguerite d’Autriche, fille de l’empereur germanique Maximilien Ier. Cela s'est passé le 3 avril 1497. Malheureusement, je n’ai pas pu assister à la noce, mais quand j’ai emménagé dans mon carillon plusieurs années plus tard, les échos de cette magnifique union résonnaient encore dans cet endroit. Dans les faits, ce sont mes voisins du dessous, surtout une tête de diable qui est bavarde comme une pie, qui m'ont tout raconté dans les moindres détails. Bref, c'est comme si j'y avais été!

         Selon leur projet d'alliances avec les royaumes des alentours, dans le cadre de ce jeu d'échecs entre territoires, les Rois Catholiques ont cherché la stratégie la plus fructueuse afin d'unifier les différents domaines sous la couronne familiale unique. Et les mariages de leurs enfants étaient un outil pour atteindre leurs objectifs. C'était une affaire d'État. Ainsi, ils ont convenu un double mariage : d'un côté, de leur héritier d'un empire en y ajoutant les territoires du nouveau monde, le prince Jean d’Aragon qui épouserait Marguerite d'Autriche. Et d’un autre côté, leur fille Jeanne avec Philippe d’Autriche, appelé populairement Philippe le Beau. Les protagonistes avaient peu à dire. Ils devaient seulement accepter le plan prévu.

        Tout devait être à la hauteur d'une célébration historique d'une telle importance. Pour les Rois Catholiques et leur cour, cela  serait l'occasion de démontrer leur grandeur devant le monde. L'austérité et l'humilité des Rois ne les empêchaient pas de jeter l’argent par les fenêtres. Cela faisait partie de l'objectif recherché. Ce n'était pas gaspiller le trésor, mais bien au contraire, il s’agissait d’un investissement avantageux. C’était une bonne affaire.

         À ce moment-là, chacune des parties concernées avait sa raison d'être satisfaite. En effet, les fiancés, même sans se connaître auparavant, ignorant toutes les manigances qui planaient sur eux, semblaient apparemment être tombés amoureux au premier coup d'œil, victimes d’un véritable coup de foudre.

    Lire la suite

  • Poème contemporain

    Voici un poème de Fabien Mellado :

    «Commençons par nous perdre. Nous perdre dans les eaux d’un poème. Nous perdre dans les limbes d’un monde encore muet. Nous perdre dans l’arrière-pays de notre enfance. Nous perdre et revenir. Dans les mains d’un monde à venir. »

    Si tu veux écouter ce poème, regarde la vidéo "La poésie peut-elle changer le monde?" (13'24)

    https://www.youtube.com/watch?v=7ckhwg6c5BA&fbclid=IwAR1sBtXz1DHd_uHbFtOLQQiptDOpBdhVSFK1t4tnClF_1ftWxOt9IWyz1F4

    Ensuite, tu peux répondre au questionnaire de la rubrique "Vidéos".


  • La poésie peut-elle changer le monde?

    Avant de lire ce billet, regarde la vidéo "La poésie peut-elle changer le monde?" dans la rubrique "Vidéos".

    Voici les réponses aux 10 questions :

    1/ Au début de l'émission, le journaliste présente deux anthologies poétiques, lesquelles?

    D'une part, Génération Poésie debout, et d'autre part, Anthologie des femmes poètes du monde arabe. Les deux ouvrages sont publiés aux éditions Le Temps des Cerises (juin 2019).

    2/ Selon Maram Al-Masri, à quoi sert la poésie?

    La poésie sert à vivre et à espérer un monde meilleur.

    3/ Comment définit-elle son pays?

    Elle dit qu'elle vient d'un pays où il y a du sang qui coule chaque jour, la Syrie.

    4/ Que lui a dit l'un de ses admirateurs sur sa poésie?

    Il lui a dit que ses mots sont beaucoup plus forts qu'un char.

    5/ Selon Fabien Mellado, à quoi sert la poésie?

    Il considère que la poésie est fondamentalement spirituelle. Comme on a tous besoin de beauté, la poésie peut servir à réenchanter le monde. Pour lui, les lettres nous aident à mieux recevoir le monde et à être plus heureux.

    6/ Quelle est la citation de Paul Éluard que paraphrase Fabien Mellado?

    "Oui, il y a un autre monde, mais cet autre monde est de celui-ci." Le vers exact de Paul Éluard (1895-1952) est : "Il y a un autre monde mais il est de celui-ci."

    7/ Quelle formule emploie le journaliste pour désigner le fait que nous utilisons de moins en moins de mots?

    Il parle de l'appauvrissement du langage. Il est de moins en moins nuancé.

    8/ Quels sont les 4 poètes français auxquels Fabrice Luchini fait référence?

    Alfred de Musset, Arthur Rimbaud, Charles Baudelaire et Paul Valéry.

    9/ D'après Fabien Mellado, la poésie fait l'objet d'un grand paradoxe, lequel?

    La poésie a beau être le genre le plus pratiqué dans le monde, les gens pensent souvent qu'elle est élitiste.

    10/ À la fin de l'émission, quel lien fait-il entre poésie et mémoire?

    La poésie est la garante et la gardienne de la mémoire.


  • Au coeur des flammes

            Chers visiteurs,

            Vous ne le savez peut-être pas, mais les flammes de Notre-Dame de Paris ont remué un douloureux souvenir en moi. Il y a exactement 375 ans, j'ai vécu la plus grande frayeur de ma vie. Eh oui, de l'eau a coulé sous les ponts de l'Arlanzón, mais je m'en souviens comme si c'était hier! J'étais un jeunot à l'époque, insouciant et rêveur. Bon, qu'est-ce que je raconte?! Il ne s'agit pas de moi… Revenons à nos moutons!

            Vers deux heures du matin, le mercredi 20 juillet 1644, une terrible odeur de brûlé et une épaisse fumée noire m'ont brusquement tiré de mon sommeil. Moi, bien que troublé et ensuqué, j'ai compris en un clin d'œil de quoi il retournait. Le transept était en feu! Quelle horreur! Gardant mon calme, j'ai donné un coup de coude à mon collègue Martinillo qui ne s'était pas encore aperçu de la catastrophe. Paniqué, il s'est mis à frapper de toutes ses forces sur sa clochette pour appeler des secours. Hélas en vain. Le son aigu ne parvenait pas aux oreilles d'un sauveur potentiel. Nos vernis commençaient à fondre. Nous étions perdus. Ni moi ni la moindre gargouille ne pouvions prendre nos jambes à notre cou! Nous étions condamnés à disparaître sous les décombres de notre cathédrale chérie, ou à partir en fumée si le feu nous attrapait avant que tout ne s'écroule sur nous. Le fracas des chutes de tableaux étouffaient nos lamentations. Toutes les statues, en bois ou en pierre, peu importe, tremblaient comme une feuille. Nous nous sentions tellement vulnérables, tout à coup! Nous qui avions été créés pour traverser les siècles!...

            Soudain, le vacarme de nos amies les cloches nous ont rassurés quelque peu en mettant toute la ville en branle-bas de combat. Nous avons appris par la suite que c'était Francisco de la Peña, un brave maraîcher du proche Monastère de Las Huelgas, qui avait donné l'alarme. À cause de la canicule, il avait passé une nuit blanche. Las de se retourner dans son lit trempé de sueur, par hasard ou par inspiration divine, il s'était levé et venait de sortir de chez lui dans l'espoir de trouver un peu de fraîcheur sur le pas de sa porte. À peine était-il assis sur son banc qu'une lueur inhabituelle dans les ténèbres avait attiré son attention au-delà de la rivière. C'est alors qu'il avait plissé les yeux pour concentrer son attention sur cette forme rougeâtre au loin. Non, il n'avait pas la berlue! Des flammes sinistres s'échappaient du toit du transept! Mon Dieu ! La cathédrale était en train de brûler! Ni une ni deux, il avait couru prévenir le chanoine qu'il connaissait. Ensuite, tout s'est enchaîné en un tour de main. Le sonneur de cloches ne s'est pas fait prier pour donner l'alerte.

            Malgré les énormes difficultés pour acheminer de l'eau à une telle hauteur, grâce à l’adresse et au courage des braves voisins, l'incendie a été heureusement maîtrisé avant l'aube. Nous l'avions échappé belle! Une procession de gratitude s'est spontanément déroulée dans le cloître. Nous regardions toute cette foule d'un œil particulièrement bienveillant. En tendant l'oreille, j'ai su que le sinistre était attribué au feu mal éteint que les ouvriers avaient laissé la veille. En effet, nous avions subi de graves dommages lors du passage d'un ouragan épouvantable deux ans auparavant, c'est pourquoi notre cathédrale avait fait l'objet d'importants travaux qui venaient tout juste de s'achever. Les échafaudages allaient être démontés pendant la journée de ce fameux mercredi. Si je ne m'abuse, Notre-Dame de Paris était en pleine restauration également au moment du drame récent. Le parallélisme des deux cathédrales est impressionnant dans de nombreux aspects.

            Pour sa part, Monsieur de la Peña a reçu de notre chapitre une belle récompense bien méritée. Grâce à son zèle, le pire avait été évité donc tout le monde a approuvé qu'il reçoive une pension à vie. Or, il est bien dommage qu'aucune rue ou place de la ville ne lui rende hommage. Nous lui devons une fière chandelle, tout de même! Mais voyons, placée prudemment, bon Dieu !

    (8rB remercie Annette et JJA)


  • Le vague à l'âme du dauphin

    Le vague à l'âme du dauphin

           Le petit dauphin était triste. On pouvait bien dire qu'il avait le cafard. Ses confrères avaient beau sauter en sortant et en plongeant dans l'eau, il restait muet comme une carpe. Alors sa mère l'a emmené à l'écart pour l'interroger sur ce qui lui arrivait. Il lui a répondu que l'autre jour à l'école ils avaient appris plusieurs expressions qui faisaient référence aux différents animaux, mais aucune liée aux dauphins. Il se confie à sa mère :

    "Tu sais maman, tous les animaux ont donné lieu à des phrases très célèbres. Quand on veut souligner l'intelligence, on prend l'exemple du renard, et si c'est la douceur, c'est l'agneau qui l'a. D'autres importantes vertus y sont aussi rapportées, comme la force pour les bœufs ou la fierté pour le coq. Par conséquent, on dirait que les hommes nous ont tous oubliés! Nous avons beau sauter pour fêter leur arrivée et avoir la réputation de faire rire leurs enfants, ils semblent avoir d'autres chats à fouetter."

    La maman dauphin essaie de le raisonner :

    "Mais qu'est-ce que tu dis, mon petit?! Il n'y a pas de quoi fouetter un chat!! Ce ne sont pas toujours des expressions flatteuses qui sont attribuées! La plupart ont des connotations négatives et aucun dauphin ne voudrait être qualifié de la manière dont les hommes le font quand ils parlent de la mule, de la linotte ou du perroquet. Même l'animal qui sur la terre nous ressemble le plus, comme le cheval, ne serait pas très content s'il comprenait les phrases qui lui sont accordées.

    Une caractéristique de l'être humain est celle de juger tout et de regarder d'un mauvais œil ce que font ses semblables. Ça, c'est l'origine de tant d'expressions. Comme ça, ils se comparent, pas seulement avec les animaux, mais ils s'octroient aussi nos qualités les plus négatives."

    Elle poursuit son discours :

    "Quant à nous, tu dois savoir que nous faisons partie de ce que les humains considèrent comme la plus élevée des situations. Quand un roi a son premier enfant, tout le monde l'appelle le dauphin. Donc, parmi la noblesse, le dauphin est le titre le plus apprécié. Telle doit être l'affection qu'ils nous professent."

           En écoutant ça, le petit dauphin a commencé à sauter et à rire de sorte que, désormais, les pêcheurs disent, quand la pêche est bonne, qu'ils sont heureux comme un dauphin. Pardon, comme un poisson dans l'eau!

    (8rB remercie Alphonse)


  • Quiz bilingue (2)

    Avant de lire ce billet, fais le QUIZ sur le même thème. Ici, tu trouveras simplement des explications complémentaires. 

    Quiz bilingue (2)

    Quels sont les équivalents français de ces expressions idiomatiques espagnoles?

    1/ "Recargar las pilas" : recharger ses batteries

    Changer les piles d'un jouet, par exemple, ce n'est pas une expression idiomatique

    Arriver pile (sous-entendu "à l'heure") : arriver à l'heure exacte

    2/ "Salir de Guatemala para entrar en Guatepeor" : reculer pour mieux sauter

    Partir à Tombouctou n'est pas une expression figurée

    Ce n'est pas le Pérou : ce n'est pas un gain énorme  

    3/ "Tener la mosca detrás de la oreja": avoir la puce à l'oreille

    Prendre la mouche : se vexer

    Les murs ont des oreilles : les gens peuvent nous entendre

    4/ "Tirar la toalla" : jeter l'éponge

    5/ "Al tuntún" : au pif

    Quelque chose à la con : quelque chose d'idiot (par exemple, un slogan à la con)

    À l'œil : gratuitement (par exemple, boire à l'œil pendant une fête)

    6/ "Tanto para variar" : une fois n'est pas coutume

    Donner le change : faire croire autre chose, lancer sur une fausse piste

    Sauter du coq à l'âne : changer de thème sans transition

    7/ "¡Qué cabeza de chorlito!" : Quelle tête de linotte!

    Quelle tête de mule! : pour quelqu'un de très têtu

    Quelle poisse! : (registre familier) pour dire qu'on n'a pas de chance

    8/ "Me lo paso pipa" : je m'en donne à cœur joie

    Je casse ma pipe : mourir

    Et j'en passe et des meilleurs : je m'abstiens de donner d'autres exemples négatifs

    9/ "Dar la lata" : tenir la jambe à quelqu'un

    Mettre en boîte : se moquer

    Être soupe au lait : être très susceptible

    10/ "Quien calla otorga" : qui ne dit mot consent

    La parole est d'argent et le silence est d'or : (proverbe) le silence est souvent plus éloquent que la parole

    Motus et bouche cousue : pour dire qu'on sait garder un secret


     

  • Le desman des Pyrénées

    Voici les réponses au questionnaire proposé dans "Soyons CURIEUX".

    1/ Il n'existe que deux espèces de desmans, lesquelles?

    Celui des Pyrénées, bien sûr, et celui de l'Oural, en Russie.

    2/ Pourquoi l'appelle-t-on "rat trompette"?

    D'une part, il s'agit d'un mammifère de la famille des talpidés. D'autre part, son museau est muni d'une trompe. Cet organe préhensible et sensoriel est fondamental pour l'aider dans sa quête de nourriture.

    3/ Quelle est la différence entre ses pattes avant et ses pattes arrière?

    Ses quatre pattes sont palmées et griffues, mais celles de devant sont plus courtes.

    4/ Comment est son pelage?

    Il est épais, hydrofuge, gris-brun sur le dessus, blanc argenté sur le dessous.

    5/ Quel est son habitat naturel?

    Il vit près des cours d'eau de montagne, moyen ou petit, à débit constant, jusqu'à 2 200 mètres d'altitude.

    6/ De quoi se nourrit-il?

    C'est le plus gros mammifère insectivore aquatique de France. Il effectue des plongées de 30 secondes pour attraper des invertébrés aquatiques et des larves.

    7/ Quels sont ses prédateurs?

    Le vison, la loutre, mais aussi les chats.

    8/ Quelles menaces pèsent sur lui?

    Le desman des Pyrénées est une espèce menacée et protégée. Le changement climatique a des répercussions sur son habitat, notamment avec l'altération du débit des cours d'eau. Mais c'est surtout l'être humain qui le met en danger avec la pollution des rivières, la construction de barrages et l'aménagement des berges.

    9/ Quelles sont tes chances d'apercevoir un desman en te promenant dans les Pyrénées?

    Quasi nulles! En effet, c'est un animal très craintif. De plus, il s'active surtout la nuit.

    10/ Qui l'a filmé pour la première fois en Espagne?

    C'est Félix Rodríguez de la Fuente pour son émission El hombre y la tierra. Un épisode particulièrement intéressant!

    Pour en savoir plus, visite le site du Parc national des Pyrénées :

    http://www.pyrenees-parcnational.fr/fr/des-connaissances/le-patrimoine-naturel/faune/desman-des-pyrenees

    Mais aussi :

    https://www.ariege.com/decouvrir-ariege/flore-et-faune-sauvage/le-desman

    Une vidéo en français qui date sûrement des années 80! Durée 4'31 :

    https://www.youtube.com/watch?v=nRmPJDdE0zs

    Ou cette vidéo plus récente, mais moins complète (0'57) :

    https://www.youtube.com/watch?v=rV67E1NWmCg


  • Un drôle de petit animal

    Quel petit mammifère endémique vit dans les Pyrénées? Oui, du côté français comme du côté espagnol. Son nom provient du danois (ça alors!) "desmanratta" qui signifie "rat musqué". Eh oui, c'est le desman des Pyrénées.  

    Voici un questionnaire pour le découvrir ou pour étaler ta science à son sujet! Tu trouveras les réponses dans la rubrique "Soyons MALINS".

    1/ Il n'existe que deux espèces de desmans, lesquelles?

    2/ Pourquoi l'appelle-t-on "rat trompette"?

    3/ Quelle est la différence entre ses pattes avant et ses pattes arrière?

    4/ Comment est son pelage?

    5/ Quel est son habitat naturel?

    6/ De quoi se nourrit-il?

    7/ Quels sont ses prédateurs?

    8/ Quelles menaces pèsent sur lui?

    9/ Quelles sont tes chances d'apercevoir un desman en te promenant dans les Pyrénées?

    10/ Qui l'a filmé pour la première fois en Espagne?

    Pour en savoir plus, visite le site du Parc national des Pyrénées :

    http://www.pyrenees-parcnational.fr/fr/des-connaissances/le-patrimoine-naturel/faune/desman-des-pyrenees