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Solution On connaît la chanson
Tu as écouté le quiz musical dans la rubrique "La puce à l'OREILLE"? Si tu as tout trouvé, tu es vraiment calé(e) en chanson française. Félicitations!
Chanson nº1 : Olivia Ruiz, "Je traine des pieds" (2005)
Chanson nº2 : Charles Aznavour, "Je me voyais déjà" (1961)
Chanson nº3 : Charles Trenet, "Y a de la joie" (1936)
Chanson nº4 : Zaz, "Prends garde à ta langue" (2010)
Chanson nº5 : Thomas Dutronc, "Demain" (2011)
Chanson nº6 : Camille, "Suis-moi" (Film d'animation "Le Petit Prince", 2015)
Chanson nº7 : Boris Vian, "On n'est pas là pour se faire engueuler" (1954)
Chanson nº8 : Yves Montand, "La bicyclette" (1968)
Chanson nº9 : Jacques Brel, "Les bonbons" (1963)
Chanson nº10 : Barbara, "La solitude" (1972)
Ce cher Hugo
Mes amis,
J'ai peu de défauts, mais certainement pas celui de la mythomanie! Pour prouver mes dires, je vais vous citer une biographie du grand homme qui a été écrite par son épouse Adèle Foucher, à Guernesey en 1863, en étroite collaboration avec Hugo lui-même, mais elle a été ensuite remaniée et censurée par leur fils Charles et par le poète Auguste Vacquerie. L'ouvrage s'intitule Victor Hugo raconté par un témoin de sa vie. Voici un extrait du chapitre XVIII :
"À Burgos, le bonheur des enfants fut d’abord la cathédrale. Du plus loin qu’ils la virent, ils furent fascinés par l’abondance touffue de son architecture qui accumule les clochetons comme les épis d’une gerbe. À peine arrivés, il fallut la visiter. L’intérieur n’a pas cette prodigalité tumultueuse du dehors qui semble la fête de la pierre ; la richesse y est sérieuse et presque austère ; c’est la majesté après la joie. Les trois frères, Victor surtout, admiraient également ces deux caractères de la cathédrale ; ils ne se lassaient pas de regarder les vitraux, les tableaux, les colonnes ; comme Victor avait le nez en l’air, une porte s’ouvrit dans le mur, un bonhomme bizarrement accoutré, une espèce de figure fantastique, bouffonne et difforme, se montra, fit un signe de croix, frappa trois coups, et disparut.
Victor, ébahi, regarda longtemps la porte refermée.
— Señorito mio, lui dit le donneur d’eau bénite qui leur servait de cicérone, es papamoscas. (Mon petit seigneur, c’est le gobe-mouches.)
Le gobe-mouches était la poupée à ressort d’une horloge. Les trois coups frappés voulaient dire qu’il était trois heures.
Le donneur d’eau bénite expliqua aux enfants pourquoi la poupée s’appelait le gobe-mouches ; mais Victor n’entendit pas sa légende, tant il était encore ému de cette imposante cathédrale qui mêlait brusquement cette caricature à ses statues de pierre et qui faisait dire l’heure aux saints par Polichinelle.
La cathédrale n’en restait pas moins sévère et grande. Cette fantaisie de l’église solennelle retraversa plus d’une fois la pensée de l’auteur de la Préface de Cromwell et l’aida à comprendre qu’on pouvait introduire le grotesque dans le tragique sans diminuer la gravité du drame."
J'avoue que la mention de Polichinelle m'a fortement agacé la première fois que j'ai lu ce texte. Me comparer à un personnage de la commedia dell'arte! Un fourbe et un menteur! Ventru et au nez crochu! Moi, une caricature grotesque? Bah voyons! Il est vrai que le petit Victor n'avait que onze ans à ce moment-là. À cause des quinze mètres qui me séparent du sol et de son imagination débordante, me voilà affublé d'un aspect de bouffon difforme. D'autres prétendent que l'auteur de Notre-Dame de Paris s'est inspiré de moi pour son personnage de Quasimodo. Je ne suis pourtant pas bossu, cela saute aux yeux, non?
Mais il faut être indulgent avec le regard que portent sur nous les enfants… Surtout s'ils sont célèbres. Si le petit Victor a voulu m'enlaidir pour me rendre à tout jamais immortel dans l'une des plus grandes œuvres de la littérature universelle, je n'en reste pas moins le personnage extraordinaire qui l'a inspiré, n'est-ce pas? Même, je lui suis reconnaissant pour cela. Au fait... Est-ce que tous ceux qui me contemplent savent vraiment à qui ils ont affaire?
(8rB remercie Annette et JJA)
Portrait de Victor Hugo par François Émile Loizeau
Qui suis-je?
Bonjour à tous!
Les Français m'appellent Le Gobe-mouches, mes concitoyens El Papamoscas. Il va sans dire qu'il s'agit là d'un sobriquet populaire. Mon vrai nom, vous demandez-vous? Non, je ne le dévoilerai pas, ni ma date de naissance. Que vous êtes curieux! Mais avez-vous remarqué que je suis le portrait craché de… Non, non, non! Motus et bouche cousue! Un peu de mystère me sied à ravir!
Pour certains fugaces visiteurs de la cathédrale de Burgos, je suis seulement une drôle de marionnette automate qui fait sonner une clochette depuis des lustres.
Or, vous devez savoir que j'ai plus d'une corde à mon arc. Je maîtrise avec brio l'écoulement du temps, mon atout majeur, mais je sais également lire la musique. En outre, je recueille toutes les informations qui circulent dans la nef, les chapelles, le cloître et le musée, grâce à ma vue de lynx et mon ouïe très fine. Je parviens même à être au courant de ce qui se passe dans la ville. Et ceci depuis plus de cinq cents ans! En effet, j'ai été un témoin privilégié de nombreux événements historiques, j’ai connu une ribambelle de célébrités, j’ai vu de fastueux enterrements, des mariages magnifiques, quelques épisodes heureux mais aussi d’autres sanglants...
Cela fait de moi le meilleur chroniqueur de la ville. Peu modeste, moi? Comment le serais-je? Voyons, je hante la cathédrale de Burgos, le plus beau monument que je connaisse! La preuve, je ne laisse personne indifférent. La plupart des visiteurs restent bouche bée quand ils m'aperçoivent. Même Victor Hugo se trouva ébahi en me voyant…
Aujourd'hui, je sors de mon isolement à la recherche d’un peu de compréhension, de reconnaissance et d’affection. Je vous raconterai périodiquement des événements qui se sont déroulés dans la ville pour qu'ils ne soient pas cachés par le voile de l'oubli ni enterrés au fil du temps.
(8rB remercie JJA)
Quiproquos
Voici l'enregistrement de ce dialogue afin de l'écouter avant de le lire.
Quiproquos
Julie : Dis, Améline, tu as bien pris tous les papiers de l'agence de location? Tu n'as pas oublié le contrat de la bagnole?
Améline : Tu me prends pour une tête de linotte ou quoi? Mais oui, j'ai toute la doc, ne t'en fais pas.
J : Excuse-moi, c'est la première fois que je loue une caisse.
A : Y a pas de souci. Ne te tracasse pas comme ça. Notre escapade va être super, tu verras. En plus, ma sœur m'a filé plein de bonnes adresses de bars à tapas de Burgos et de Salamanque.
J : Cool! Au fait, elle s'est remise de son opération?
A : Ouais, elle pète la forme maintenant. Enfin, je dis ça, mais là, elle est en plein blocus. Tu sais, c'est crevant!
J : Ah bon? Je ne savais pas que sa fac était en grève.
A: Quelle grève? Mais non! Chez nous, en Belgique, le blocus, c'est la période qui précède les examens alors être en blocus, c'est bûcher à fond. Nous, on dit qu'on bloque à fond!
J : Ah, c'est marrant, ça. En France, quand ils font un blocus, les étudiants ne foutent rien alors que chez vous, c'est le contraire, ils triment comme des dingues! À propos que trimer, si tu as un coup de barre, n'hésite pas, je peux prendre le volant quand tu veux.
A : Ça va, merci. Allez, volle pétrole! On est presque arrivées à la frontière espagnole.
J : Quoi? On doit déjà faire le plein? Qu'est-ce que tu racontes? La jauge d'essence est sur le maximum…
A : Pas de panique, Julie! C'est une autre expression belge. Volle pétrole veut dire à toute vitesse. Tu n'as pas hâte d'arriver, toi?
J : Si, bien sûr. Décidément, je pige tout de travers ce matin… Je suis dure de la comprenure, comme vous dites!
A : Ouais, tu devrais prendre des notes et potasser tous mes belgicismes! Depuis le temps qu'on se connaît, tu devrais être habituée.
J : C'est vrai, je me souviens de la première fois que tu m'as vannée avec les toilettes.
A : C'était quand tu es venue chez mes parents?
J : Oui, c'est ça. La vache! Je voulais seulement savoir où étaient les toilettes et tu m'as répondu en me demandant combien j'en voulais. Comme si une toilette ne me suffisait pas! Je me rappelle que je suis devenue rouge comme une pivoine devant ta famille. Je cherchais le petit coin et j'ignorais que chez vous le terme s'utilisait au singulier.
A : Ne m'en veux pas, va. Tu sais bien que j'adore te taquiner!
J : En tout cas, l'expression belge que je préfère, c'est "tu n'as pas toutes tes frites dans le même cornet" pour dire qu'il te manque une case. Tu n'as peut-être pas remarqué, mais je l'utilise de temps en temps. Et à chaque fois, je pense à toi, ma belle!
A : C'est malin!
(8rB remercie Améline et Julie)
Chanson "Les mots d'amour"
Voici les réponses aux questions sur la chanson "Les mots d'amour" de Mayra Andrade à écouter dans la rubrique "La puce à l'OREILLE".
Les parties du corps : la bouche, les pupilles, les papilles, le cœur
L'expression imagée : à fleur de peau
Réponses au questionnaire
Avant de lire ces réponses, lis le billet "Elles ont marqué l'histoire" dans la rubrique "Soyons CURIEUX".
N.B. En italiques, des termes ou expressions à retenir.
- Quelles femmes sont mal considérées au début du XXème siècle?
Celles qui n'entrent pas dans le moule, on les considère comme des prostituées, des femmes peu recommandables ou à éliminer.
- Quels droits civils acquièrent les femmes pendant la Seconde République espagnole?
Droit de vote pour les plus de 25 ans, accès aux emplois, mariage civil, divorce, droit d'éducation dans des écoles laïques et mixtes, droit aux études supérieures.
- Quelles étaient les différentes actions du mouvement Mujeres Libres?
La distribution de médicaments et d'informations sur les barricades, l'éducation, le travail dans les usines d'armement, les opérations militaires (mais exclues dès 1937), les centres de réinsertion de prostituées, les centres de réfugiés.
- Où et quand est morte Federica Montseny?
À Toulouse, en 1994.
- Quel poste occupait-elle au gouvernement en 1936?
Ministre de la Santé; c'est la première femme ministre en Espagne.
- Sur quelle loi a-t-elle travaillé mais dont le texte n'a été reconnu que 50 ans plus tard?
Le droit à l'IVG (interruption volontaire de grossesse).
- Globalement, que défendait-elle?
L'émancipation de tous, pas seulement des femmes.
- Que représentait-elle pour les femmes de son époque?
Un modèle d'émancipation intellectuelle plutôt qu'une réelle figure féministe.
- Qu'apprend-on sur Clara Campoamor?
Elle a fait voter le droit de vote des femmes en 1931.
- Quelle conséquence a eu l'annulation de la loi du divorce?
Comme les couples divorcés sous la Seconde République se retrouvaient à nouveau mariés, cela provoquait des situations inextricables s'ils s'étaient remariés entre-temps.
- Quelle était la sanction d'un baiser en public sous le franquisme?
C'était passible d'amende.
- Qu'interdisait-on aux femmes sans l'autorisation de son mari ou de son père?
Elles ne pouvaient ni conduite, ni acheter un produit, ni travailler, ni ouvrir un compte en banque ni voyager.
- Quelle image de la femme préconisait Pilar Primo de Rivera?
Une mère dévouée et une catholique qui se sacrifie, l'ange du foyer.
- Sous la dictature, comment humiliait-on les femmes en prison?
On les tabassait, on leur rasait la tête et on leur faisait avaler de l'huile de ricin (laxatif).
- Comment les femmes attiraient l'attention des médias pendant les procès? Pourquoi?
Elles chantaient car ce n'était pas interdit, mais c'était repris par les médias et cela permettait de mettre au courant les gens de la situation.
Elles ont marqué l'histoire
Regarde cette vidéo puis réponds à ce questionnaire. Clique sur ce lien :
Tu trouveras les réponses dans la rubrique "Soyons MALINS".
Première partie : Écoute depuis le début jusqu'à 13'50 et réponds à ces questions.
- Quelles femmes sont mal considérées au début du XXème siècle?
- Quels droits civils acquièrent les femmes pendant la Seconde République espagnole?
- Quelles étaient les différentes actions du mouvement Mujeres Libres?
- Où et quand est morte Federica Montseny?
- Quel poste occupait-elle au gouvernement en 1936?
- Sur quelle loi a-t-elle travaillé mais dont le texte n'a été reconnu que 50 ans plus tard?
- Globalement, que défendait-elle?
- Que représentait-elle pour les femmes de son époque?
Deuxième partie : Écoute jusqu'à la fin et réponds à ces questions.
- Qu'apprend-on sur Clara Campoamor?
- Quelle conséquence a eu l'annulation de la loi du divorce?
- Quelle était la sanction d'un baiser en public sous le franquisme?
- Qu'interdisait-on aux femmes sans l'autorisation de son mari ou de son père?
- Quelle image de la femme préconisait Pilar Primo de Rivera?
- Sous la dictature, comment humiliait-on les femmes en prison?
- Comment les femmes attiraient l'attention des médias pendant les procès? Pourquoi?
Chapeau !
Voici l'enregistrement de ce récit afin de l'écouter avant de le lire.
Chapeau!
Je m'appelle Sourou, ce qui signifie "la patience". Je suis le chef féticheur de Taneka Koko, au nord du Bénin. Si vous passez dans mon village, vous me reconnaîtrez facilement avec ma pipe de 45 cm qui est toujours allumée. Notre hameau se caractérise par ses maisons rondes aux toits de paille. Les montagnes qui nous entourent nous protègent des mauvais esprits. Ici, la vie est simple, on vit au rythme de la culture de l'igname et du bétail.
Quand les visiteurs débarquent chez nous, je les accueille toujours sans chichis, en leur serrant la main à chacun. La vache! Les touristes blancs se ressemblent tous! C'est vraiment curieux. Leurs guides prennent le temps de palabrer avec moi. Ils me demandent toujours si leurs clients peuvent me prendre en photo. J'accepte volontiers. Ça m'amuse de penser que je voyage dans le monde entier grâce à ces photos. Je les vois sortir leur portable en me jetant des coups d'œil interrogatifs. Je sais bien qu'ils se demandent où je range le mien. C'est vrai, ils ont raison, ma tenue ne comporte aucune poche!
Un jour, j'ai remarqué l'un des visiteurs car il avait l'air particulièrement sympathique. Malgré la barrière de la langue, nous avons pu communiquer. J'ai senti un respect mutuel ou quelque chose comme ça. Il ne faisait pas preuve du sans-gêne habituel des touristes et ça m'a plu. Je lui ai même prêté ma pipe et mon chapeau alors sa femme l'a tout de suite pris en photo. C'est en lui passant mon bonnet qu'ils ont découvert le pot aux roses. Eh oui, c'est bien là que je garde mon portable. Ça les a beaucoup amusés.
J'ai bien compris que mon nouvel ami me demandait s'il y avait Internet dans notre village. Mais je n'ai pas voulu lui répondre tout de suite. D'ailleurs, le guide est arrivé à ce moment-là pour lui dire qu'ils repartaient vers leur prochaine étape. J'ai salué toute la clique et je suis retourné à l'ombre de mon beau karité. Ils ne sauront donc jamais que je préfèrerais avoir l'eau courante…
(8rB remercie Rocío, Vidal et Paul)
Les mots ont la bougeotte (2)
Avant de lire ce billet, fais le QUIZ sur le même thème. Ici, tu trouveras simplement des explications complémentaires.
Les mots ont la bougeotte (2)
1/ Le terme "cedilla" en espagnol provient du français
Faux. C'est l'inverse!
2/ En espagnol, le mot "clan" vient du français.
Faux. Il vient du gaélique "clann" qui signifie famille, descendance.
3/ En français, "le harem" a une origine espagnole.
Faux. C'est l'inverse : le mot "harén" vient du français. Et le harem découle de l'arabe "haram" qui signifie sacré.
4/ En français, "la cafétéria" vient de l'espagnol.
Vrai.
5/ Le mot "zèbre" en français découle de "cebra" en espagnol.
Faux. Il vient du portugais.
6/ En espagnol, "gripe" vient du mot français "grippe".
Vrai.
7/ Les mots "pyjama" et "pijama" proviennent de l'hindi.
Vrai, par le biais de l'anglais.
8/ Le terme "bisturí" en espagnol provient du français.
Vrai.
9/ Le mot "castagnettes" a une origine espagnole.
Vrai, de "castañeta" et non de "castañuelas".
10/ Les mots "tuile" et "teja" ont la même origine latine.
Vrai, du mot latin "tegula".
Photos francophones
Regarde bien ces photos. Laquelle n'a pas été prise dans une ville francophone? Une fois que tu crois avoir trouvé la réponse, va la vérifier dans la rubrique "Soyons MALINS".
Chanson "Colore"
Voici la réponse à la question posée sur la chanson "Colore" dans "La puce à l'OREILLE" :
L'expression qui signifie traverser de dures épreuves est : en voir de toutes les couleurs.
La lettre de rupture
Voici l'enregistrement de ce récit afin de l'écouter avant de le lire.
La lettre de rupture
Partie 1.
Ma douce,
Ma démarche doit drôlement te surprendre. Ça fait un bail que je n'écris pas de lettre alors pardonne mon écriture malhabile. Ça tremblote de partout et les ratures enlaidissent l'ensemble. Tant pis. Elle restera à l'état de brouillon peu présentable. Je la rangerai dans le tiroir où je garde précieusement toutes sortes de vieilleries. Je n'ai pas toujours été fétichiste, loin de là. Quand s'est donc opéré ce changement en moi? Je crois savoir. La perte d'un être cher a fait naître ce sentimentalisme nostalgique…
Partie 2.
Assez parlé de moi. Comment trouver les mots pour décrire notre premier contact? C'est un souvenir qui me fait encore frémir de plaisir. Dans ce magasin, je ne voyais que toi. Les vendeuses me semblaient inconsistantes et revêches, je m'en souviens très bien. Elles ricanaient entre elles au lieu de s'occuper de la clientèle et de la boutique. Notre connivence a débuté comme ça. En effet, je voyais bien que ça t'agaçait que ces greluches ne s'inquiètent pas de tes besoins. Tu en étais toute froissée. Tu as été reconnaissante que je t'emporte loin de cet endroit. Moi, j'étais aux petits soins avec toi. Tu pourras me faire une foule de reproches, sauf la brusquerie.
Partie 3.
Tu ne m'as jamais rien dit, mais je sais parfaitement que je n'ai pas été à la hauteur de tes attentes. Tu as assisté sans broncher à une ribambelle de moments importants de ma vie, comme ma réussite professionnelle, mes amours et désamours, mes déboires… Tu n'as pas pu y prendre part. Tu étais tiraillée, ballottée, lessivée… Je ne t'ai rien épargné. Je t'ai négligée, oubliée puis retrouvée. Notre complémentarité s'est effilochée avec les années. Pourtant, tu n'as jamais failli. Mon égoïsme n'a pas terni ta douceur ni ton rayonnement.
Partie 4.
Tu n'es plus présentable, ma belle. Allez, ce n'est pas la peine de tourner autour du pot. Il s'agit bel et bien d'allure et de beauté. Le regard des autres sur nous deux m'a toujours plu. Or, je ne supporte pas l'idée de déplaire. Mais, ne t'en fais pas, tu ne finiras pas en chiffon ni à la poubelle. Même lustrée et usée jusqu'à la trame, je te garderai près de moi. Te voilà soigneusement pliée dans ce tiroir des souvenirs.
Tendrement.
Signé : Ange
(8rB remercie Nicole)
Les faux amis (1)
Avant de lire ce billet, fais le QUIZ sur le même thème. Ici, tu trouveras simplement des explications complémentaires.
Les faux amis (1)
Ces mots ont-ils le même sens?
1/ "La platée" et "la platea"?
Non. La "platée" désigne le contenu d'un plat servi abondamment tandis que "la platea" désigne les places d'orchestre dans un théâtre.
2/ "Quiproquo" dans les deux langues?
Oui. Un malentendu, une confusion entre deux éléments. C'est un latinisme.
3/ "Marcher" et "marchar"?
Non. "Marcher" signifie "aller à pied" tandis que "marchar" veut dire "partir".
4/ "Once" dans les deux langues?
Non. Une "once" est une ancienne mesure de poids (de nos jours, au sens figuré, une once de quelque chose est une petite quantité) tandis que "once" en espagnol correspond au chiffre "onze".
5/ "Attendre" et "atender"?
Non. "Attendre" est le fait de "patienter" tandis que "atender" signifie "s'occuper de quelqu'un, assister à quelque chose".
6/ "Clip" dans les deux langues?
Non. Un "clip" est la vidéo qui accompagne une chanson tandis qu'un "clip" en espagnol est un trombone.
7/ "Miel" dans les deux langues?
Oui. Mais le mot est masculin en français et féminin en espagnol. Il vient du mot latin "mel, mellis" qui est neutre!
8/ "Col" dans les deux langues?
Non. Un "col" est un mot polysémique en français (col d'une bouteille, de chemise, de montagne) mais ne désigne pas un chou comme en espagnol.
9/ "La bûche" et "el buche"?
Non. Une "bûche" est un morceau de bois tandis que le "buche" en espagnol désigne l'estomac de certains animaux.
10/ "Pan" dans les deux langues?
Non. Un "pan" désigne une partie d'un mur ou d'un vêtement tandis que le "pan" en espagnol veut dire "pain".
Les mots ont la bougeotte (1)
Avant de lire ce billet, fais le QUIZ sur le même thème. Ici, tu trouveras simplement des explications complémentaires.
Les mots ont la bougeotte (1)
- En espagnol, le mot "bazar" vient du français. Faux. Il vient du persan.
- Le mot français "café" a une origine espagnole. Faux, il vient de l'italien "caffé" qui vient du turc "kahve".
- Le terme "gagá" en espagnol provient du français. Vrai, il appartient au registre familier et découle de "gâteux", sénile.
- En français, "macho" vient de l'espagnol. Vrai, mais uniquement dans le sens de machiste.
- Le mot "mammouth" en français découle de "mamut" en espagnol. Faux. C'est l'inverse. Et "mammouth" vient du russe.
- En espagnol, "pasaporte" vient du mot français "passeport". Vrai.
- L'expression "faire la ola" provient de l'espagnol. Vrai. Elle date de 1990.
- En espagnol "la tropa" a pour origine le mot français "troupe". Vrai.
- Le terme "voyeur" en espagnol provient du français. Vrai.
- Le mot "zigzag" en français a une origine espagnole. Faux. C'est l'inverse.
Récapitulatif :
Mots en français qui viennent de l'espagnol :
Macho, faire la ola
Mots en espagnol qui viennent du français :
Gagá, mamut, pasaporte, tropa, voyeur, zigzag
Le français est un atout
Infographie élaborée par le CIEP :

De l'espace à Paris, en passant par Berlangas de Roa
Dans la soirée du 8 juillet 1811, c'est-à-dire pendant la guerre d'indépendance espagnole, des habitants de la petite commune de Berlangas de Roa ont entendu toute une série de détonations effrayantes, mais ils ont cru qu'il s'agissait de tirs de l'artillerie napoléonienne.
En fait, ce vacarme a également surpris la troupe du général Dorsenne (1773-1812) qui a pensé à une attaque par les guérilleros. Il a donc ordonné à un détachement d'aller jeter un coup d'œil. Ses soldats sont vite revenus l'informer qu'ils avaient trouvé un cratère sur la route qui reliait Berlangas à Aranda de Duero. C'était l'œuvre d'une météorite!
Jusqu'à la fin du XVIIIe siècle, les météorites provoquaient la crainte et alimentaient bon nombre de superstitions. En 1794, c'est un savant allemand, Ernst Chladni (1756-1827) qui a défendu la thèse selon laquelle c'étaient des corps étrangers à notre planète. Ses arguments ne seront acceptés par la communauté scientifique européenne qu'au début du XIXe siècle, notamment par le physicien Jean-Baptiste Biot (1774-1862).
C'est pourquoi, lorsque le général Dorsenne a récupéré des fragments de la météorite de Berlangas, au lieu de les cacher ou de les détruire, il les a envoyés au Musée d'Histoire naturelle de Paris, où l'on peut encore en admirer plusieurs, dont un d'environ 1 kg.
Avis aux amateurs : les coordonnées exactes de l'impact de la "Berlanguillas" sont 41º 41’N, 3º 48’W.
(8rB remercie Luis!)
La couleur isabelle
Est-ce en l'honneur d'Isabeau de Bavière ou d'Isabelle Huppert? Non, cette couleur n'est pas un hommage à l'épouse du roi de France Charles VI ni à l'actrice contemporaine. Mais il est bien question d'une reine à l'origine. Espagnole!
Dans le dictionnaire de l'Académie française, on peut lire l'explication suivante :
"Emprunté de l'espagnol Isabel, parce que, lors du siège de Grenade (1491), la reine Isabelle la Catholique aurait fait le vœu de ne pas changer de chemise avant la prise de la ville ; on disait que, de ce fait, cette chemise avait jauni et que les manchettes en étaient fort sales. D'un jaune clair tirant sur le beige."
Ce terme est employé en particulier pour la robe des chevaux. On peut même l'utiliser comme substantif, un isabelle.
(8rB remercie Nicolas!)
Où est passé tout le monde?
Voici l'enregistrement de ce récit afin de l'écouter avant de le lire.
Où est passé tout le monde?
1
En sortant du cagibi, mon pied heurte un truc un peu mou. C'est un corps inerte. Mais qu'est-ce que je faisais dans ce cagibi? Je me sens encore un peu étourdi. J'ai dû me cogner contre l'une des étagères. Ah oui, on me poursuivait et je m'y suis caché. Parfois, j'ai des trous de mémoire, mais ça arrive à tout le monde.
Je jette un coup d'œil autour de moi. La lumière crue me dérange alors je cherche l'interrupteur sans parvenir à le repérer. À ma gauche, contre le mur, il y a une rangée de sièges en plastique de couleur bleu pastel. Par terre, je m'attends à voir du carrelage, un damier lie-de-vin et beigne, par exemple, mais pas du tout, c'est du linoléum gris clair, lisse et froid. Une chaleur ammoniaquée me pique les narines. Un bourdonnement me chatouille l'oreille, rien d'autre.
En face de moi, une espère de comptoir me fait comprendre que je me trouve dans la succursale d'une banque.
2
Je me glisse derrière le comptoir et aperçois une porte entrouverte dans un renfoncement. En la poussant, je la cogne contre une corbeille à papiers. Dans un espace riquiqui, sombre, sans fenêtre, un faisceau lumineux provient d'un coffre ouvert. Quelle poisse! Pas de lingot d'or ni de liasse de billets, seulement quelque chose qui ressemble à une plaquette de beurre. C'est une blague ou quoi?
Terriblement déçu, je retourne dans la salle afin de voir de plus près le macchabée. En me penchant pour ramasser sa canne, qui pourra me servir d'arme, je remarque la drôle de grimace du vieil homme. Son sourire béat contraste avec ses sourcils froncés et ses yeux fermés. Ce visage ne me dit rien. Ce doit être un otage qu'on a éliminé au cours du braquage. Du coup, je relève la tête pour inspecter le plafond. Curieusement, il n'y a qu'une seule caméra de surveillance. Je m'en approche et tente de la frapper à l'aide de la canne, mais je n'y arrive pas car je suis trop petit. Je dois reconnaître que je suis de plus en plus voûté.
3
Quelle tête de linotte! Je me rends compte qu'il y a une porte vitrée à l'autre bout de la salle qui donne sur l'extérieur. J'aperçois les réverbères allumés. Comment n'y ai-je pas pensé plus tôt? Au lieu de tourner en rond, je ferais mieux de partir d'ici avant que mes poursuivants ne me mettent la main dessus. Mon esprit curieux me perdra. Je suis toujours à fouiner partout, c'est plus fort que moi. Et voilà où ça me mène : prisonnier d'une bande de malfaiteurs. D'habitude, ma maladresse m'apporte les foudres de mon entourage alors je suis étonné d'avoir échappé à ces types. Ce sont des amateurs, tout bêtement. Comme il n'y a plus personne ici, les flics ont dû intervenir et les arrêter tous. Sauf qu'ils m'ont oublié ou quoi?
4
La porte vitrée ne s'ouvre pas. Même si c'était prévisible, j'ai tenté ma chance. Alors je fais demi-tour et m'engage dans un étroit couloir fermé par une porte coupe-feu. Ouf, elle s'ouvre. J'en passe plusieurs avant de d'entrer dans une petite salle d'attente avec des chaises, une table basse couverte de prospectus et de magazines ainsi qu'un distributeur automatique de boissons. Trois couloirs s'offrent à moi.
Dans le premier, le seul éclairé, tout de suite à ma droite, la pancarte d'une porte attire mon attention. Elle indique des escaliers. En baissant la poignée, je constate que ça ne s'ouvre pas donc je la soulève et découvre avec soulagement que ça fonctionne. Mon cœur bat la chamade. Au bas des escaliers, je me retrouve dans les sous-sols d'un garage. J'erre quelques minutes parmi les véhicules puis, en haut d'une rampe, je trouve enfin la sortie. Ni barrière ni grille, la voie est libre. Je n'en reviens pas. Je connais cette place carrée avec ce square au milieu. Puisqu'il n'y a pas un chat, j'en déduis que la police a évacué tous les habitants du quartier. C'est à ce moment-là qu'un gros doute me fait trembler de la tête aux pieds.
5
Le jour se lève. Le frémissement des feuillages et l'air frais sur mes tempes me calment un peu. N'empêche, la question qui me trotte dans la tête me trouble encore. Suis-je un otage ou un braqueur de banque? L'absence des flics me tracasse encore plus que la disparition des voitures tout autour du square. L'angoisse me serre la gorge. Les jambes en compote, la canne m'évite de justesse de tomber comme un sac de pommes de terre. Après quelques pas sur le trottoir, je reprends le contrôle de mon corps. Et je retrouve le cap à suivre : raser le mur de la succursale, tourner au coin, prendre la ruelle qui débouche sur le boulevard où je pourrai héler un taxi. Si seulement je trouvais une auberge de jeunesse bien douillette, j'y vivrais comme un coq en pâte, entouré de rires et de musiques.
Au moment où je tâte les poches de mon pantalon de pyjama pour voir si je n'ai pas oublié mon portemonnaie, une main me saisit le bras et une voix féminine me dit sur un ton ferme et doux à la fois : "Il faut arrêter de regarder trop de séries, monsieur. Venez, je vous raccompagne dans votre chambre."
(8rB remercie Santiago)



